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Title: Clavecin
Author: Fagus
Language: French
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  L’ALPHABET DES LETTRES

  CLAVECIN

  PAR
  FAGUS

  F


  PARIS, A LA CITÉ DES LIVRES



Copyright by Fagus, 1926



    A EDGAR MALFÈRE
    ET
    A LA MÉMOIRE
    DE
    PIERRE QUILLARD



AU LECTEUR


Celui qui fait profession de poésie doit s’efforcer dans tous les
genres, apportant même soin au madrigal, au sonnet sans défaut, qu’à
construire un long poème. C’est la meilleure méthode, sinon la seule,
pour se rendre maître du plus sublime des instruments.

Les aînés donnent l’exemple: Racine ne dédaigna pas l’épigramme, ni
Victor Hugo le calembour; Virgile chantait le Moucheron, et le divin
Homère le Combat des Rats et des Grenouilles, dit-on.



BALLADES



PRIÈRE A LA TRÈS SAINTE-VIERGE


Pour M. l’abbé Mollière, curé de Pringé.

    --Reine des cieux, régente terrienne,
    Empérière aux infernaux palus,
    Je meurs de soif au bord de la fontaine
    D’où pleut le sang de mon Seigneur Jésus.
    Que fus-je ici que ce trouble Fagus
    Qui peu valut mais souffert a ses peines?
    Accordez-lui de joindre vos élus:
    Je meurs de soif au bord de la fontaine.

    François Villon et son frère Verlaine
    Ont péché certe autant que moi ou plus,
    Vous les sauviez, ô Vierge souveraine:
    Veuillez sauver le serviteur Fagus.
    Mon fils aimé, ma femme ne sont plus,
    Mais je sais bien qu’aux cieux ils interviennent,
    Vierge, de Vous soient leurs voix entendues:
    Je meurs de soif au bord de la fontaine.

    Par devant Vous j’invoque dans ma peine
    Sœur Mélanie à qui parla Jésus,
    Et Bernadette à qui sous la fontaine
    Par dix-huit fois Vous êtes apparue,
    Et vous, Thérèse-de-l’Enfant-Jésus
    Qui de mon fils au ciel êtes marraine:
    Je vous en prie, rendez-nous absolus:
    Je meurs de soif au bord de la fontaine.

    Reine des cieux, régente terrienne,
    Ai-je tout dit? Je ne vois rien de plus,
    Que vous prier de redire à Jésus,
    Qui fut si bon à la Samaritaine:
    Je meurs de soif au bord de la fontaine.



BALLADE VOTIVE A JEAN-MARC BERNARD


    --Au matin d’or qu’éveille à peine un vent,
    Les clairs rideaux de peupliers s’appellent;
    Le Rhône énorme emporte en tournoyant
    Les premiers feux et les premiers bruits d’ailes,
    Et vers la rive où bleuit l’asphodèle,
    Un jeune dieu levé sur l’horizon
    Retient là-haut une étoile nouvelle:
    _Jean-Marc Bernard, de Saint-Rambert d’Albon_.

    --Sous la tonnelle aux grappes d’or mouvant,
    Villon, Ronsard et Platon s’interpellent
    En travestis d’inlassés bons vivants,
    Quand, dispersant la joyeuse querelle,
    Sa voix à lui s’élève comme une aile:
    L’ode a jailli! tous rediront ce nom
    Saisi vivant par Minerve éternelle:
    _Jean-Marc Bernard, de Saint-Rambert d’Albon_.

    --Heure ni jour, l’enfer se soulevant,
    L’horreur, le sang, et des spectres s’appellent,
    Une prière à Dieu, puis, dans l’instant,
    Un coup affreux: la boue et la cervelle,
    Les os noircis, on ramasse à la pelle,
    De croix pas même: où la mettre, à quoi bon?
    La mort du brave a pris sous sa tutelle
    _Jean-Marc Bernard, de Saint-Rambert d’Albon_.

    Épitaphe en Envoi

    --Seigneur Jésus, Jean-Marc fut doux et bon;
    A sa patrie, à son prince fidèle,
    Chantant pour eux il vint mourir pour elle:
    Veuille accueillir au Paradis profond
    _Jean-Marc Bernard, de Saint-Rambert d’Albon_!



BALLADE DU PAUVRE BOUGRE


            Ici sui com l’osière franche
            Ou com l’oisiau sur la branche:
                En été chante,
            En hyver plore et me gaimante
            Et me défeuil aussi com l’ente
                Au premier gel.

        Rutebœuf.

    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans,
    Dans son taudis qu’on est triste à quarante!
    Contre mon poële au cœur agonisant
    Je viens blottir ma chair lasse et dolente:
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!
    Dehors il neige à grand foison et vente,
    Et bat mon cœur à l’unisson du temps;
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans,
    Dans son taudis qu’on est triste à quarante!

    Mon fils aîné sous la neige sifflante
    Trotte en soufflant dans ses doigts et toussant;
    Mon plus jeunet que la fièvre tourmente
    Dans son lit froid délire et se lamente:
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!
    Et toi ma femme, oh si douce et vaillante,
    Malade aussi, tu vas nous consolant:
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans,
    Dans son taudis qu’on est triste à quarante!

    O Toi de qui sont les gueux en attente,
    Seigneur Jésus, Seigneur des pauvres gens,
    De Toi jadis était notre âme absente,
    Jeunesse est vaine et de tout ignorante:
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!
    Mais l’âge arrive, on pleure et se lamente,
    On Te recherche, hélas! il n’est plus temps;
    Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans,
    Dans son taudis qu’on est triste à quarante!

    Envoi

    --Seigneur Jésus, dans la nue foudroyante
    Quand Tu viendras au renouveau des temps,
    Qu’à nos erreurs soit Ta bonté clémente,
    Tant avons-nous souffert en Ton attente:
    Prends en pitié tous Tes pauvres enfants!



SONNETS



SILENCIEUSE


    _J_’aurais voulu, je veux encore
    _U_nir à votre nom mon nom,
    _L_e dur destin qui nous dévore
    _I_nsiste pour répondre: Non.

    _E_n vain! je me veux faire encore
    _T_enace plus que le démon,
    _T_rès chère amie, et même amphore
    _E_nclot votre nom et mon nom.

    _T_out nous unit, tout nous sépare,
    _H_é quoi, n’est-ce pas mieux ainsi?
    _U_ne telle aventure et rare

    _A_ la fois que si belle aussi:
    _N_ulle étreinte, rien qui dépare
    _E_n rien le compagnon choisi!

1922.



INVENTION DU SONNET


A Mademoiselle France Mathieu.

    --Aux soirs d’or où les dieux redécouvrant leurs frères
    Multipliaient sur terre et se mêlaient à nous,
    Aux éphémères beaux, harmonieux et doux,
    Ils léguèrent la lyre aux quatre cordes paires;

    Quand Terpandre eut trouvé les trois voix septénaires,
    Nos maîtres en leur cœur se sentirent jaloux:
    Filleuls exhérédés soudain réveillés loups,
    Nous maudîmes la lyre et les dieux émigrèrent;

    Deux revinrent; des fibres d’un grand cœur saignant,
    Tressèrent chacun une lyre et les joignant
    --Pétrarque d’Arezzole et Dante de Florence--

    Pour qu’à nouveau l’on pût tendre sur l’univers
    Une arche de beauté, de deuil et d’espérance,
    Le sonnet fils des dieux ourdit deux fois sept vers.



CONFECTION SUR MESURE


I

    --Pour résoudre l’obscur sonnet
    Qui fermente en ton mésentère
    De toi suffira-t-il de traire
    Deux quatrains, deux fois un tercet

    Selon le dessin qu’en traçait
    Boileau monté sur Despautère
    (Six, et sept: il est salutaire
    De compter: huit) voyez, ce n’est

    Rien de plus, et tel le souhaite
    (Neuf, et dix) le maître poète
    Avec le maître menuisier;

    On assemble, et cheville et rogne,
    Et Minerve au fond du panier
    En pénitence grogne, grogne.


II

    --Sertir en quatorze vers
    Selon des règles concises
    Aux prescriptions précises
    Le discobole univers,

    Revers trouble, absurde avers,
    Esthétiques indécises,
    Éthiques sur rien assises,
    Érotiques à l’envers,

    Toutes aurores qu’on lève,
    Et toutes bulles qui crèvent,
    Démons qu’on ne sait bannir,

    Tout ce qui nous fait maudire
    La vie et la vient bénir,
    Tout ce qu’un sonnet doit dire.


III

    --Gloire humaine offerte aux vers,
    Calme extase des églises,
    Chant des gouffres, chœur des brises,
    Tout ce que l’orbe univers

    Roule, angélique ou pervers,
    Neige au cul des Cydalises,
    Aubes en fleur, ailes grises,
    L’empreindre en ce rien de vers,

    Cœurs déclos, âmes fermées,
    Cieux qui s’ouvrent, joies, fumées,
    Ce qui meurt, ce qui renaît,

    Tout espoir et toute envie,
    C’est beaucoup pour une vie,
    C’est assez pour un sonnet.



SUR UN PIED DANSE...


        Entends comme brame...

    --Mon
    Ame
    Brame
    Son

    Bon
    Drame:
    Trame
    Dont

    Mène
    La
    Laine

    Ma
    Verve
    Serve!

ou bien:

    --Brame
    Son
    Bon
    Drame

    Mon
    Ame:
    Trame
    Dont

    Ma
    Verve
    Serve

    La
    Laine
    Mène!

ou encore:

      Brame
      Mon âme
    Son bon drame:
    Trame dont mène
      La laine
      Ma verve
      Serve. _etc..._



PRINCIPES


    --Il me semble pourtant que j’omets quelque chose,
    Quoi, je ne sais pas dire, et pourtant je sens bien,
    Ce recueil-là n’est pas complet: quelle est la chose
    Qui lui manque pour être bien, tout à fait bien?

    Malheureux, tu n’as point promulgué ta technique!
    Voilà l’âpre hiatus, et voilà le souci
    Qui ce cœur dévasta! Seulement, de technique,
    Il faut donc l’avouer, je n’eus jamais souci!

    Il urge cependant que je m’en déterre une:
    Tant de héros jamais n’ayant produit rien plus
    N’en sont héros que plus! je vais en bâtir une,
    Fais-lui, Lecteur, accueil: quoi te faut-il de plus?

    Technique

    --Tu veux naître Poète, eh! gars? baise ta plume,
    Tes brosses, burin, lyre ou pipeaux, puis écris,
    Vers carrés, biscornus, vers, proses; sois tout gris
    Ou tout resplendissant; mastique, fange et brume

    Ou ravage l’azur: mais que ton cerveau fume
    D’un intérieur feu! trotte avec les esprits
    Bien peignés, ou bien sois un ange malappris,
    Comme l’Enfant Sigfried bête et dieu, fends l’enclume,

    Mais comme lui sors-nous ton glaive de géant:
    Et le reste n’est pas, et le reste est néant,
    Et l’art sans rage aux reins, c’est morne apostasie;

    Entends ce seul avis,--il semble insane--que:
    L’unique arcane pour fleurir en Poésie,
    C’est se sentir Poète, et le reste un beau jeu!



ÉPITAPHE


    Passant: j’ai fait _Psyché_, puisant là ma substance,
    _Anthinéa_, _L’Étang de Berre_, _Inscriptions_,
    Et _Le Chemin de Paradis_, pour l’excellence
    Du parler précellant sur toutes nations.

    Prospecteur de _l’Avenir de l’Intelligence_,
    J’ai scruté son présent, ses délabrés passés:
    _Les Amants de Venise_ abrutis de démence
    M’ont ouvert tout un siècle en ses cerveaux blessés.

    Tel mon contemporain le bon poète Eschyle,
    Passant, je tais ceci. Mais, sur le monument
    Qui me résumera contre un mur de ma ville,

    Il me plairait que fût gravé tout simplement,
    Sans la palme qu’on voit le mois d’après flétrie:
    _Ci-gît Charles Maurras, il servit sa Patrie._



RYTHMES ET CHANSONS



DOUBLE RONDEAU FLEURI


    Muse évadons-nous aux campagnes folles
    Où nous engloutit une herbe odorante,
    Sentir nous bercer, immense auréole,
    Ton souffle, Nature, haleine géante
          Pour qui j’étais né.

    J’étais né pour être encensé des roses.

    J’étais né pour être encensé des roses
    Par Mai balancées avec harmonie:
    Pourquoi m’enliser en d’abjectes proses
    D’où toute syntaxe honnête est bannie:
          Pour être encensé?

    J’étais né pour être encensé des roses!

    Quoi, polémiquer à même des choses
    Pour qui j’eus toujours nausée infinie,
    O prosopopée! O hypotypose!

    La prosopopée a tordu ses ailes
    Et l’hypotypose a crevé ses yeux;
    Nous avons perdu la face des dieux
    Et votre reflet, clartés immortelles:
    La prosopopée a tordu ses ailes.

    Sanglote, épopée; hurlez, villanelles.
    Trompette, fends-toi; fleur, fais tes adieux:
    Tout est fade et gris, tout est odieux:
    La prosopopée a tordu ses ailes.

    Immergeons en chœur aux boues actuelles:
    Nous avons perdu l’oreille des dieux
    Et votre reflet, clartés immortelles,
    Trompette, pipeaux, à vous tous adieu:

    La prosopopée a tordu ses ailes
    Et l’hypotypose a crevé ses yeux.



NOËL BRETON


Sur l’air d’Anne de Bretagne

A la mémoire de mon fils Georges

    C’est Marie, reine des vagues
        Et des goëmons, (_bis_)
    Qui regagne sa Bretagne:
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Ave, ave Maria!

    Saint Corentin l’accompagne
        Et saint Yve aussi. (_bis_)
    Ils cherchent par les campagnes,
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Jésus qu’on dit près d’ici.

    Ils ont fait toute la terre
        Et n’ont rien trouvé, (_bis_)
    Ils ne savent plus que faire:
    Où l’a-t-on caché, ma mère,
        Ah! Ah! Ah!
    Marie se met à pleurer.

    Tous les maudits de la terre,
        Tous les mécréants, (_bis_)
    Nous poursuivent de leur haine,
    Nous et tous ceux qui nous aiment,
        Ah! Ah! Ah!
    Qu’ont-ils fait de mon enfant?

    --Ma fille, lui dit sainte Anne,
        Encore essayons: (_bis_)
    Nous revoilà-z-en Bretagne,
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Où c’est tout des bons garçons.

    Entrent dans une cabane,
        Chez des paysans: (_bis_)
    --Que demandez-vous, Madame?
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Vous êtes bien fatiguée.

    Acceptez un coup de cidre
        Qu’on tire pour vous, (_bis_)
    Dites ce qui vous amène,
    Contez-nous vite vos peines,
        Ah! Ah! Ah!
    Et d’abord asseyez-vous.

    --Je cherche mon fils, Madame,
        C’est l’Enfant Jésus; (_bis_)
    Les maudits me le volèrent
    Et c’est moi qui suis sa mère,
        Ah! Ah! Ah!
    Et nous ne le trouvons plus.

    --Regardez-le qui sommeille
        Contre notre fils, (_bis_)
    Il sommeille comme un ange,
    Et j’ai taillé pour son lange,
        Ah! Ah! Ah!
    Ma robe de mariée.

    Son lit est fait d’herbe fraîche
        Et genêt fleuri, (_bis_)
    Le bœuf et l’âne le lèchent
    Tout comme au temps de la crèche,
        Ah! Ah! Ah!
    Le chien et le chat aussi.

    Jésus dans l’instant s’éveille,
        A tous il sourit; (_bis_)
    --Bonjour mère, et vous, sainte Anne,
    Et vous l’hôte, et vous, Madame,
        Ah! Ah! Ah!
    Que la paix soit avec vous!

    C’est vraiment grande merveille
        Qu’enfant si petit (_bis_)
    Parle avec tant de sagesse,
    Car pour faire politesse,
        Ah! Ah! Ah!
    C’est en breton qu’il parla.

    --Je monte revoir mon père
        Au ciel des élus; (_bis_)
    Pour vous que pourrons-nous faire,
    Parlez-en donc à ma mère,
        Ah! Ah! Ah!
    Qui m’avez si bien reçu?

    --Seigneur, les gens de Bretagne
        Ne demandent rien, (_bis_)
    Qu’être chez eux en Bretagne
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Et le droit d’être chrétiens.

    --Mes amis, dit l’Enfant Juste,
        C’est très bien parlé; (_bis_)
    A vos droits si l’on y touche,
    Prenez vos fusils, vos fourches,
        Ah! Ah! Ah!
    Je serai-z-à vos côtés.

    Et je vous confie ma mère
        Pour me la garder, (_bis_)
    Tout le temps que sur la terre
    --Vivent Jésus et sa mère,
        Ah! Ah! Ah!
    Il lui plaira de rester.

    Moi, le ciel je le regagne
        Et vous laisse en don (_bis_)
    Notre-Dame à la Bretagne,
    Vivent Marie et sainte Anne,
        Ah! Ah! Ah!
    Et la Bretagne aux Bretons!

Mois de Marie 1924.



RYTHMES


I. Haï-Kaï triple

        --Une cloche tinte,
    Le jour lutte, l’ombre monte,
        Tout sombre, tout sombre.

        Quelle cloche tinte?
    Oh mon cœur, il bat si fort:
        Quoi donc va mourir?

        La nuit dans mon cœur
    Et la nuit sur les campagnes;
        Rien ne tinte plus.


II. Pantoum = Haï-Kaï

              --Il pleure dans mon cœur...
            --Il pleut doucement sur la ville...
                 --Hélas, quelle langueur!

    --SOUS UNE AVERSE DE LUMIÈRE
    LA VILLE BOUT DANS SA POUSSIÈRE...
            --Tout sombre, tout sombre...

    --_Mon cœur émigre, où, le sait-il?
    Vers tout delta d’or et d’avril..._
            --Une cloche tinte...

    --DANS LE CIEL DE BRAISE ET DE CENDRE
    JE VOIS L’AIR CUIT MONTER, DESCENDRE...
            --Le jour lutte, l’ombre monte...

    --_Loin du noir soleil dessécheur,
    Me dissoudre, être une fraîcheur?..._
            --Tout sombre, tout sombre...

    --DES NUES DE CUIVRE S’ACCUMULENT
    OÙ L’ÉLECTRICITÉ CIRCULE...
            --Une cloche tinte...

    --_Dans l’eau, fébrile et d’or, mouiller
    Mes bras: comme un chien patouiller!_
            --C’est mon cœur qui bat si fort...

    --LE CIEL EST PLOMB SUR PLOMB, IL PÈSE,
    TOUT RISSOLE, TROMBE ET FOURNAISE...
            --Qui donc va mourir?

    --_M’endormir, brute et bienheureux,
    Au revers d’un vieux chemin creux..._
            --La nuit en mon cœur...

    --L’ORAGE ÉCLATE, CROULE, ÉCUME,
    BAT L’UNIVERS COMME UNE ENCLUME...
            --Et l’ombre dans les campagnes...

    --_Dans la campagne sans un bruit,
    Entendre s’approcher la nuit,
        Mourir ainsi..._
            --Rien ne tinte plus.

    --SOUDAIN L’ARC-EN-CIEL,
    L’ARC-EN-CIEL, VOICI:
    O, MERCI, MON DIEU!



CHANSON FARCIE A LA FAÇON DE NOS PÈRES


        --_Lætabundus!_
    Tant que Français France aura,
    Dom Pinard on chantera:
        _Alleluia!_

    _Laudamus_ qui bien en boit,
    S’il est tel comme il se doit:
        _Res miranda!_

    Buvez pour bien être en point
    Droit et sec: la nuit est loin:
        _Sol de stella!_

    Buvez bien et buvez beau,
    Du toujours même tonneau,
        _Semper clara!_

    Tant et que n’en reste rien,
    Vous le vôtre et moi le mien,
        _Pari forma!_

    Béni soit le bon copain
    Qu’en régale son voisin,
        _Carne sumpta,_

    Bénis Brennus et Noé
    Par qui dom Pinard est né:
        _Alleluia!_



CANZONETTE DES SIRÈNES

D’APRÈS GABRIEL D’ANNUNZIO


    --Sept sœurs, nous étions sept sœurs
    Qui se miraient aux fontaines;
    Sept sœurs, nous étions sept sœurs,
    Et belles comme des cœurs.

            _Entendez-vous les sirènes,
            Les entendez-vous, mes sœurs?_

    --«Fleur d’ajonc ne fait farine,
    Mûre des bois ne fait vin,
    Ni fil d’herbe toile fine»:
    Mais la mère parle en vain.

            _Nous étions sur la colline
            Belles comme le matin._

    La première, filandière,
    Lui fallait des fuseaux d’or;
    La seconde, tissandière,
    Lui fallait navettes d’or.

            _Nous étions à la rivière
            Belles comme des trésors._

    La troisième était cousette:
    Ne voulait qu’aiguilles d’or;
    La quatrième, soubrette,
    Voulait table à coupes d’or.

            _Et nous étions sur l’herbette
            Belles comme des fruits d’or._

    La cinquième, la dormeuse,
    Voulait des courtines d’or;
    La sixième, la rêveuse,
    Ne rêvait que songes d’or.

            _Nous étions toutes joyeuses,
            Belles comme une aube d’or._

    Mais la dernière qui chante,
    Chante rien que pour chanter,
    Mais la dernière qui chante,
    Elle n’a rien demandé.

            _Nous nous mirions en l’attente
            De nos jeunes destinées._

    --«Fleur d’ajonc ne fait farine,
    Mûre des bois ne fait vin,
    Ni fil d’herbe toile fine»:
    Mais la mère parle en vain.

            _Et les sirènes marines
            Nous chantaient notre destin._

    La première file, file,
    Tord ses fuseaux et son cœur;
    La seconde tisse, tisse
    Une toile de douleur.

            _Et la Mort tire l’aiguille,
            Mauvais Sort est le tailleur._

    La troisième, sa chemise
    Se coud du fil de la Mort.
    Pour la quatrième est mise
    La table de Mauvais Sort.

            _Mauvais Sort est dans les coupes,
            Et la verseuse est la Mort._

    La cinquième dort et plonge
    Aux suaires de la Mort,
    Et la sixième elle songe
    Entre les bras de la Mort.

            _La mère que le deuil ronge
            Pleure sur le mauvais sort._

    Mais la dernière qui chante,
    Chante rien que pour chanter,
    Mais la dernière qui chante
    A la belle destinée:

            _Les Sirènes bruissantes
            En leurs bras l’ont emportée._

    Et la mer et les sirènes
    La voulurent pour leur sœur,
    Dans leurs bras elles l’emmènent,
    Et l’entraînent dans le chœur:

            _Nous étions à la fontaine,
            Belles, nous étions sept sœurs._



CHANSON DU CHÈVREFEUILLE

D’APRÈS MARIE DE FRANCE, CHRÉTIEN DE TROYES, JOSEPH BÉDIER, PHILÉAS
LEBESGUE, ET AUTRES JONGLEURS INCLYTES.


A Mademoiselle Marie-Madeleine Martineau.

    --La chanson du Chèvrefeuille,
    Laissez-moi vous la chanter.
    Bouche à bouche on la recueille,
    Ainsi me l’a-t-on contée.

            --_Chèvrefeuille, chèvrefeuille,
            Que de pleurs tu fis couler!_

    Tristan et Yseult la reine,
    Je vous veux dire comment
    Ils connurent joie et peine
    Pour tant triste dénouement.

            --_Marjolaine, marjolaine,
            Tant de peine ont les amants!_

    Ils se virent, ils s’aimèrent,
    Ensemble devaient finir.
    Le roi Mark en sa colère
    Les voudra faire mourir.

            --_Que rosisse la bruyère,
            C’est qu’hiver veut revenir._

    Pour sauver sa souveraine,
    Tristan s’enfuit de la cour;
    Retourne aux landes lointaines
    Où jadis a vu le jour.

            --_Romarin, sauge et verveine,
            Gardez-nous du mal d’amour!_

    Se languit toute une année,
    D’amour se meurt lentement,
    N’en soyez pas étonnée:
    Amour est deuil et tourment.

            --_Et la rose au matin née
            Se fane au jour finissant._

    S’en revient en Cornouailles
    Là où tient le roi sa cour,
    Tant triste qu’il en défaille,
    Se cache aux bois d’alentour.

            --_Paille et foin et foin sur paille,
            C’est sa litière d’amour._

    Tristan çà et là s’abrite,
    Plus ne sort que nuit tombant.
    Chez les paysans il gîte,
    Vit avec les pauvres gens.

            --_Épandez la marguerite
            Et les lys d’or et d’argent._

    --Tristan savez-vous nouvelles?
    On attend joyeux déduit,
    A Pentecôte prochaine,
    Barons seront réunis.

            --_Ravenelles, ravenelles,
            Vous verrai-je refleuries?_

    Seront là le roi de France
    Et le duc d’Andalousie,
    Cent vassaux, dix mille lances,
    Verrons notre reine aussi.

            --_La rose et les lys de France,
            Genêts de Bretagne ici._

    Tristan à ces mots tressaille,
    A la forêt il s’en vint:
    --Verge de coudrette il taille
    Au coudrier du chemin.

            --_Grain d’avoine, brin de paille,
            Qui te reverra demain?_

    Son nom grave sur la branche
    Du tranchant de son couteau:
    Sur la coudriette blanche,
    Yseult le verra tantôt.

            --_Mais qui verra la pervenche
            Rebleuir au mai nouveau?_

    Quand l’apercevra la reine,
    Saura là qu’est son ami.
    Elle comprendra sans peine
    Que sans elle plus ne vit.

            _Liserons des haies, troëne,
            Que de peine aux cœurs amis!_

    Tel un chèvrefeuille souple
    A sa coudrette enlacé,
    Tant que forment un seul couple,
    Ensemble peuvent durer.

            --_Et violettes vont en troupe,
            En troupe bluets d’été._

    Mais qu’on les isole et cueille,
    Chacun meurt de son côté,
    Et se meurt le chèvrefeuille,
    Et se meurt le coudrier.

            --_Chèvrefeuille, chèvrefeuille,
            Que de pleurs vas-tu coûter!_

    O pure fleur de moi-même,
    Belle amie ainsi de nous:
    Vous que j’aime autant qu’on aime,
    Vous sans moi ni moi sans vous.

            --_Chèvrefeuille est notre emblème,
            Et ce soir où serons-nous?_

    La reine en forêt chevauche,
    Y voit deux coudriers blancs:
    Un est à droite, un à gauche,
    A gauche elle a lu: TRISTAN.

            --_La Mort fauche, fauche, fauche,
            Épis mûrs et blés naissants._

    Son cœur tremble et se transporte
    A voir un tel nom écrit,
    Elle ordonne à son escorte:
    --Prenons le repos ici.

            --_Quand la coudriette est morte,
            Chèvrefeuille il meurt aussi._

    On obéit, on s’empresse,
    Et Brangaine au même instant
    S’en vient dire à sa maîtresse:
    --Ici près j’ai vu Tristan.

            --_Fleurs des champs l’amour vous tresse,
            Et vous dessèche à l’instant._

    La reine quitte la ronde,
    A vu l’ami de son cœur:
    L’aimait plus que tout au monde,
    Et depuis d’amour se meurt.

            --_L’amour fleurit tout au monde,
            La Mort fauche toutes fleurs._

    Entre eux deux la joie est telle
    Qu’à peine peuvent parler;
    Tous deux tremblent, ils s’appellent,
    Tous deux tombent expirés.

            --_Fleur de chèvrefeuille est belle
            Autant que son coudrier._

    Si se meurt le chèvrefeuille,
    Si se meurt le coudrier:
    Ainsi Tristan et Yseulde
    Moururent de tant s’aimer.

            --_Chèvrefeuille, chèvrefeuille,
            Si mon cœur pouvait parler!_



ÉPIGRAMMES ET MADRIGAUX



GLOIRE


A Madame Dussane, Comédienne.

            _C’est la corvette._

        Auber-Scribe (_Haydée_)

      --Entends, poète,
    Ce soir est ta fête,
      Ta muse est prête
    Et le ciel a dit oui:

      Un vol t’élance
    Par l’éther immense,
      Sous le silence
    Des astres éblouis;

      Puis tout retombe
    Neige, fleurs, colombes,
      Nourrir les tombes
    De tes frères ici.

      C’est moi, filleule,
    C’est l’étoile seule,
      C’est ton aïeule,
    Qui là-haut resplendit,

      Quand sur ta tombe,
    Neige de colombes,
      Mon baiser tombe
    Et ta muse a dit oui:

    Une plume tombe.



    Ci-gît Maurice du Plessys-Flandre-Noblesse,
    Gentilhomme authentique, et poète: ô grands dieux
    Vous le savez, dieux purs! en nos soirs de bassesse,
    Il aura su rester poète, et noble, et gueux,

    C’est-à-dire noble trois fois. Que son exemple
    Soit précepte à nous tous qui naissons flamme au poing:
    N’oublions donc jamais que l’Art demeure un temple
    Où la canaille ou pauvre ou riche n’entre point.

Cimetière Montparnasse: 20 Janvier 1924



A JEAN MORÉAS


    --Amphion de Dircé sur l’actique Aracynthe
    A vu sa lèvre close et son pipeau brisé,
    Et de tes grands roseaux et de tes lauriers roses,
    Eurotas, Eurotas, les plaintes ont cessé,
    Mais sur ta lyre, ô Moréas, vient et se pose,
    Le frémissant essaim de l’Hymette exilé.



POUR L’ANTHOLOGIE DES ÉCRIVAINS MORTS A LA GUERRE


    Nos pauvres morts çà et là qui sommeillent,
    Nos pauvres morts qui saura les entendre?
    O Thierry Sandre, oh réveille, réveille,
    O Thierry Sandre, oh réveille les morts!

    Pauvres morts qui tendent l’oreille,
    L’heure revient: Debout les morts:
        Chantre de Héro et Léandre,
    L’heure remonte, affreusement pareille.
    O Thierry Sandre, oh réveille, réveille,
    O Thierry Sandre, oh réveille les morts.



POUR CLAUDE DEBUSSY, DÉCORÉ


Janvier 1900

    --De Saint Janvier la dolente légende
        Pour Debussy vient rajeunir:
    Une goutte du sang martyr de Mélisande
    Saigne à nouveau, descendant te fleurir.



POUR GENEVIÈVE LONGNON


10 Mai 1913

    --Elle est née en Pentecôte,
    Jeanne d’Arc est son abri:
    Les vertus seront son hôte,
    Et les dons du Saint-Esprit.



A M. RENÉ PHILIPON


    --La flèche traversant deux cœurs
    Va jusqu’au ciel et puis retombe,
    Et les plus fraîches de nos fleurs
    S’épanouissent sur des tombes,
    Puis Dieu fait sur toutes douleurs
    Descendre un fleuve de colombes.



A VINCENT MUSELLI


    --O Vincent Muselli voici l’heure des lampes;
    L’argent cerne l’ébène à l’entour de tes tempes,
    Mais lui-même le temps, honteux de son affront,
    Épaissit aussitôt le laurier sur ton front.



A ALPHONSE MÉTÉRIÉ


    Vos vers sont les souples osiers
    Où font étoiles les corymbes
    Secrets et purs des alisiers:
    Métérié, archange des limbes,
    Que seriez-vous si vous osiez!



A THÉRIVE


    --Le roi Henri m’a donné
    Paris et sa rive,
    Mais s’il me fallait quitter
    Ton bedon, Thérive,
    Je dirais au roi Henri:
    Reprenez votre Paris,
    J’aime mieux Thérive, ô gué,
    J’aime mieux Thérive!



AUX FRÈRES LE CARDONNEL


    --Menton aigu, nez qui fend l’air,
    Moustache de chat en colère,
    Georges a tout du mousquetaire;
    Séraphique psaltérion,
    Louis avec magnificence
    Vibre sous l’aile des Puissances:
    Et la voilà donc, l’alliance
    Du sabre-z-et du goupillon!



    --Dis-nous, Fagus, sous quel prétexte
    Tu refuses d’entendre un seul petit morceau
    De Valéry?--Du Valéry? moi? quelque sot!
    Tant qu’à subir J.-B. Rousseau,
    Je l’aime encore mieux dans le texte!



    --Quand j’étais petit
    Je n’étais pas grand,
    J’ trouvais du talent
    Même à Valéry;

    Maint’nant je suis grand,
    C’est encor plus beau:
    Je trouv’ du génie
    Même à Jean Cocteau!



SUR MAURICE BOISSARD


    --Cet animal n’est pas méchant:
    Quand on l’attaque il se défend.
    Par malheur il commence avant.



A M. JOUHANNAUD


    Doux rond-de-cuir, chaque aube que fait Dieu lever,
    Je fuis l’obscur logis où Lutèce m’héberge,
    Priant saint Antoine de Padoue et la Vierge
    D’autrement qu’en décombre au soir le retrouver.

    Je double l’Institut, où je songe à cuver
    L’eau d’immortalité, longe l’auguste berge
    Où le Louvre me fait à nos Valois rêver,
    Tandis que sur l’eau se dandine un chien crevé.

    Par-dessus cinq cents toits l’Hôtel de Ville émerge,
    Guêpier des guêpes de vingt révolutions,
    Hérissé d’hommes d’armes d’or plantés en cierges,

    Et sur son dada de bronze, l’huissier à verge
    Étienne Marcel m’arrête de sa flamberge
    Et me brandit ma feuille de contributions!



IMPRÉCATIONS A UN LACHE TRANSFUGE


    Déplorable Ponchon, qu’as-tu fait de ta gloire?
    Tu vas à des croquants qui ne savent point boire
    Et chez qui tous pinards prennent goût de bouchon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Le moins moche, Daudet, dessous sa vantardise,
    Ne boit les soirs d’hiver, faut-il qu’on te le dise?
    Que de l’eau de Janos, et, l’été, de Luchon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Geffroy l’Armoricain n’admet que la tisane:
    “Cidre” dit-il, et moi: pur jus de pissat d’âne;
    Hennique du Viandox, tout froid, à plein cruchon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Bourges pompe l’orgeat, qu’il dénomme ambroisie,
    Et l’Arverne Ajalbert, sa mixture choisie,
    C’est bière de Beauvais, puant l’impur torchon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Hument les deux Rosny d’affreux bols funéraires
    Recueillis en vos creux, cavernes quaternaires
    Qu’arrosa le mammouth, ancêtre folichon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Descaves s’insinue en façon de rogomme
    Du lait chaud, très sucré, voire un sirop de gomme,
    Où trempe une angélique au vert de cornichon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Tout ça c’est prosateurs: des indignes de vivre.
    Si ton Latin Pays tu le fuis pour les suivre,
    Tu n’es qu’un renégat, un traître, un noir cochon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Ton estomac sera tout grouillant de grenouilles,
    Ton fondement fuira tel les vieilles gargouilles,
    Et ton zizi sera pis qu’un tire-bouchon,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon, déplorable Ponchon!

    Que dis-je? pour les joindre il faut passer un fleuve!
    Plein d’eau! si que pourtant telle horreur ne t’émeuve,
    Songe à ta rive gauche, enfant, qui t’y cherchons,
    Ponchon, Ponchon, Ponchon d’entre tous les Ponchons!



TABLE


  Au lecteur                                            7

  BALLADES

  Prière à la Très Sainte-Vierge                       11
  Ballade votive à Jean-Marc Bernard                   13
  Ballade du pauvre bougre                             15

  SONNETS

  Silencieuse                                          19
  Invention du sonnet                                  20
  Confection sur mesure                                21
  Sur un pied danse...                                 24
  Principes                                            26
  Épitaphe                                             28

  RYTHMES ET CHANSONS

  Double rondeau fleuri                                31
  Noël breton                                          33
  Rythmes                                              39
  Chanson farcie à la façon de nos pères               42
  Canzonette des sirènes                               44
  Chanson du chèvrefeuille                             49

  ÉPIGRAMMES ET MADRIGAUX

  Gloire                                               59
  _Ci-gît Maurice du Plessys..._                       61
  A Jean Moréas                                        62
  Pour l’anthologie des écrivains morts à la guerre    63
  Pour Claude Debussy, décoré                          64
  Pour Geneviève Longnon                               65
  A M. René Philipon                                   66
  A Vincent Muselli                                    67
  A Alphonse Métérié                                   68
  A Thérive                                            69
  Aux Frères Le Cardonnel                              70
  _Dis-nous, Fagus..._                                 71
  _Quand j’étais petit..._                             72
  Sur Maurice Boissard                                 73
  A M. Jouhannaud                                      74
  Imprécations à un lâche transfuge                    75



CE LIVRE, F DE L’ALPHABET DES LETTRES achevé d’imprimer pour la Cité des
Livres, le 28 janvier 1926, par Ducros et Colas, Maîtres-Imprimeurs à
Paris, a été tiré à 440 exemplaires: 5 sur papier vélin à la cuve
“héliotrope” des papeteries du Marais, numérotés de 1 à 5; 10
exemplaires sur japon ancien à la forme, numérotés de 6 à 15; 25
exemplaires sur japon impérial, numérotés de 16 à 40; 50 exemplaires sur
vergé de Hollande, numérotés de 41 à 90; et 350 exemplaires sur vergé à
la forme d’Arches, numérotés de 91 à 440. Il a été tiré en outre: 25
exemplaires sur madagascar réservés à M. Édouard Champion, marqués
alphabétiquement de A à Z; et 30 exemplaires hors commerce sur papiers
divers, numérotés de I à XXX.

Exemplaire Nº




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